L’Allondon est pour beaucoup la plus belle rivière genevoise. Bien alimentée en eau par le Jura, elle offre une diversité de paysage exceptionnelle: on estime qu’on retrouve plus de 80% de la biodiversité genevoise dans ses abords. Cette balade vous fera découvrir son extraordinaire plaine alluviale et les multiples biotopes façonnés par l’action millénaire de la rivière.
Ce que vous pourrez vivre avec cette balade
- Marcher plusieurs heures dans un vallon, loin de la ville et sans (presque) jamais croiser de voitures.
- Observer les harles et les milans noirs et, en saison, écouter chanter nos trois meilleurs chanteurs, le merle, la fauvette et le rossignol.
- Réaliser l’incroyable diversité de biotopes créés par une rivière sauvage à qui on laisse la place et la liberté de façonner son lit, des prairies sèches à orchidées aux fosses dans la rivière où se réfugient les poissons durant les étiages.
Quelques points remarquables de la promenade (d’aval en amont)
- Le centre Pro Natura du Vallon de l’Allondon qui vous permettra d’en apprendre plus sur la faune et la flore uniques de la région.
- La Petite Afrique genevoise, une des prairies riches en orchidée où les gestionnaires lutte contre la progression de la forêt.
- La plaine alluviale des Baillets, où la rivière se divise en plusieurs bras et crée et détruit sans cesse des iles et des plages de graviers.
- Le ruisseau des Eaux Froides, un affluent calme et reposant, qui joue un rôle crucial pour la reproduction des truites, avec ses frayères jardinées spécifiques.
- La rivière renaturée depuis le pont CFF, qui donne un point de vue unique sur cette rivière en changement constant, avec une aspect différent garanti à chacune de vos visites.
- L’embouchure renaturée, où les eaux claires de la rivière rencontrent les eaux troubles du Rhône, au pied des falaises de Cartigny, un des paysages les plus emblématiques du canton.
À découvrir
- Le centre Pro Natura de l’Allondon
Cet ancien restaurant a été converti en 2015 en centre nature offrant un vaste choix d’activités de sensibilisation en lien avec la faune et la flore uniques du Vallon de l’Allondon. N’hésitez pas à y faire un tour s’il est ouvert, ou profitez du sentier didactique le long de la rivière pour prolonger votre promenade.
Point de vue:
- La grande plage
Le sentier nous fait découvrir un enchainement de plages, avec chacune son atmosphère particulière. Si la rivière invite à la baignade en été, il faut se souvenir qu’elle abrite une faune diverse, particulièrement fragilisée par la montée de température. Veillez à la préserver!
A découvrir:
- La prairie sèche
Un phénomène méconnu: ce sont les prairies les plus pauvres en matière nutritives qui sont les plus riches botaniquement. Ainsi les prairies « sèches » de ces plateaux alluviaux drainés, régulièrement fauchés ou pâturés et jamais engraissés, abritent une richesse botanique inégalée à Genève.
Curiosité:
- Le ruisseau du Misezon
La passerelle permet de profiter de la fraicheur du ruisseau du Misezon, un des nombreux petits affluents de l’Allondon qui offrent des habitats complémentaires et des refuges pour la faune. Malheureusement, la plupart de ces petites rivières souffre d’un étiage de plus en plus sévère, dus en partie à des prélèvements d’eau inopportuns en amont, ce qui réduit leur intérêt écologique, et le ruisseau du Misezon ne fait pas exception.
Curiosité:
- La plage du saule
Cette plage est marquée par un beau saule blanc, notre plus grande espèce de saule, la seule qui se développe en arbre et pas seulement en buisson. Comme les autres saules, cette espèce a besoin d’eau et supporte des racines inondées plusieurs semaines de suite.
Point de vue:
- Le bocage
Ce point de vue sur cette petite prairie sèche bordée par deux haies vives en pleine expansion donne un aperçu de la richesse d’habitats naturels qu’offre le bocage, cette mosaïque de prairies ou de petites cultures entourées de cordons arbustifs, paradis des passereaux chanteurs et des papillons.
À découvrir :
- L’érosion de la prairie sèche
Une rivière libre ronge ses rives, rechargeant ainsi ses eaux en sables et en graviers qui formeront des biotopes à l’aval. Mais ici, elle grignotte progressivement une prairie sèche de grande valeur… C’est le prix à payer pour une gestion privilégiant les évolutions naturelles de ra rivière.
Point de vue :
- La plage des grandes pierres
Sur cette plage, on remarque les énormes morceaux de rochers qui résistent à l’érosion de la rivière et forment des abris importants pour les poissons quand ils sont immergés lors de crues.
Point de vue :
- Le Pont des Baillets
Les buissons de genêts, couverts de fleurs jaunes en saison, étaient autrefois utilisés pour faire des balais forts utiles… et voilà l’origine du nom du hameau et du pont!
Point de vue :
- La chapelle de Malval
Un petit détour culturel s’impose pour faire le tour de la chapelle de Malval, qui marque le paysage depuis 1300 et est classée au patrimoine national. A noter qu’il a fallu attendre le 18ème siècle pour que la chapelle reçoive son clocher, et que le clocher actuel ne date que de 1938.
Curiosité:
- Le ruisseau des Crêts
La route traverse le ruisseau des Crêts, un petit affluent entièrement genevois et boisé de l’Allondon, qui amène ses eaux fraiches à la rivière, même si son bassin versant est minuscule, de l’ordre du km2
Aménagements innovants:
- La prairie aux orchidées
Avec la déprise agricole et la disparition du pâturage, cette immense prairie se transformait lentement en forêt. Elle n’a retrouvé son visage actuel que grâce à la persévérance des gestionnaires de la nature qui voulaient conserver sa richesse paysagère, floristique et faunistique. C’est au mois de mai et de juin que cette immense prairie se couvre de fleurs, dont de nombreuses orchidées qui font sa renommée.
À découvrir :
- L’arbre des torcols
Cet arbre isolé qui domine la savane abrite un nichoir mis en place par le groupe des ornithologues du bassin genevois afin de favoriser une espèce extraordinaire et méconnue de pic, le « torcol fourmilier ». Cet oiseau insolite avait complétement disparu du canton et se réinstalle progressivement dans les secteurs riches en terrains ouverts où il trouve ses fourmis préférées.
Curiosité:
- La savane genevoise
Ces grandes praires parsemées d’arbres isolés, ce microclimat chaud et sec avec, en saison, les crissements des criquets et des sauterelles, nous rappellent des images de Provence, voire d’Afrique. Pas étonnant que ce paysage exceptionnel abrite des espèces rares de flore et de faune qu’on ne trouve plus guère ailleurs à Genève.
Point de vue :
- Les bancs de graviers
C’est dans la plaine alluviale, qui mesure localement plus de 200 m de large, que l’Allondon exprime au mieux sa capacité à divaguer, formant de grands méandres, multipliant les bancs de graviers remaniés à chaque grande crue, offrant plein d’abris à la flore et à la faune, et une vue toujours changeante au promeneur.
Point de vue :
- Le pont du Roulave
Le ruisseau du Roulave est un des derniers refuges genevois de l’écrevisse à pattes blanches indigène. Ce pont a été utilisé comme appui pour mettre en place le premier barrage à écrevisse du canton. Vous apercevrez cet ouvrage métallique en vous penchant sur le parapet amont. Il a été soigneusement dimensionné pour permettre la migration de reproduction des truites, tout en empêchant les écrevisses signal américaines présentes dans le Rhône et l’Allondon de pénétrer dans le Roulave, et d’y apporter leur maladie.
Point de vue :
- L’embouchure du Roulave
En se tournant vers l’amont, on reconnait sur la rive droite l’embouchure du Roulave dans l’Allondon et on peut apprécier le contraste entre la petite rivière qui arrive de son vallon boisé et l’immensité de la plaine alluviale modelée par la puissance de la grande rivière.
À découvrir :
- Sur la niche d’érosion
Ici les caprices de la rivière sont en train d’entamer le plateau alluvial, emportant forêt, prairie sèche et le chemin riverain qu’il a déjà fallu retracer à plusieurs occasions, et qui le sera encore… Ne le regrettons pas, mais réjouissons-nous plutôt d’avoir encore une rivière libre!
Aménagement innovant :
- Le défrichement
Au début du XXème siècle, les forêts étaient rares et tout le vallon était occupé par des prairies de fauche et des pâturages pour moutons, chèvre, vaches et chevaux. En 100 ans tout a changé, la forêt a reconquis l’essentiel du vallon, au point de menacer la biodiversité des prairies. Ici on voit les premiers résultats d’un défrichement pour la nature, où le gestionnaire a agrandi la clairière et ou des fauches régulières vont permettre de retrouver petit à petit les espèces de fleurs et d’insectes qui font la richesse du vallon.
Curiosité:
- Le vieux chêne
Au loin dans la grande clairière, un vieux chêne voit passer les saisons depuis des décennies, peut-être un siècle déjà. Avec ses nombreuses branches mortes, il ne paye pas forcément de mine, mais à ce stade de développement, il est en fait au top pour la biodiversité, et ce sont plusieurs centaines d’espèces d’insectes (dont le Grand Capricorne) qui trouvent refuge dans les micro-habitats qu’il offre: bois mort, cavité, écorce crevassée, lichen, mousses, etc.
Curiosité:
- Le ruisseau sans nom
En plein milieu de la forêt alluviale, notre sentier nous fait longer un petit cours d’eau alluvial qui ne figure pas sur les cartes, ayant échappé à la perspicacité de nos géographes. Vous êtes invités à lui trouver un joli nom!
Aménagement innovant :
- Les ELJ (« Engineered Log Jam »)
Sur ce secteur, l’Allondon change de visage, son lit s’enfonce progressivement, devient uniforme et offre peu de refuges aux poissons. Or c’est ici que des remontées des nappes phréatiques rafraichissent les eaux, un phénomène crucial pour la survie estivale des ombres et des truites. Les responsables de la pêche et de la renaturation prévoient d’y remédier avec une technique américaine (« Engineered Log Jam ») qui prévoit d’implanter des arbres morts entiers, avec branches et racines, pour imiter les embâcles naturels et recréer de la diversité.
Point de vue :
- La passerelle des Eaux Froides
La petite passerelle traverse les Eaux-froides, un affluent important de l’Allondon, non pas pour son débit qui est modeste, mais pour sa diversité biologique. On appréciera la richesse de la végétation aquatique en amont et en aval la pureté de l’eau et la beauté des graviers.
À découvrir :
- Le ruisseau suspendu
Pour faire tourner le Moulin de la Plaine, les anciens ont transformé le nant des Eaux-Froides en bief, c’est-à-dire qu’ils l’ont prolongé et canalisé sur plusieurs km le long de l’Allondon pour l’amener jusqu’au moulin, avant de le laisser rejoindre la rivière. Sur ce secteur, l’érosion des rives de l’Allondon a obligé les gestionnaires du bief à construire un lit suspendu.
Aménagement innovant :
- Les frayères construites
Pour leur reproduction, les truites sont particulièrement exigeantes. Elles ont besoin d’une certaine granulométrie et d’un courant soutenu pour assurer l’oxygénation des œufs. Pour soutenir cette espèce menacée, la société de pêche qui gère le ruisseau a aménagé tout une série de « resserrement du cours d’eau, pour obtenir les conditions idéales pour les truites. Sans leurs efforts, la truite ne se reproduirait probablement plus dans cette rivière.
Aménagement innovant :
- L’abreuvoir protecteur
Pour permettre aux vaches des pâturages attenants de s’abreuver tout en préservant le lit de la rivière, deux aménagements simples mais efficaces ont été mis en place, à la satisfaction de tous.
À découvrir :
- La surverse
L’ouvrage que vous traversez juste avant le pont renvoie les débits trop importants vers l’Allondon. Il évite ainsi que le bief des Eaux-Froides déborde en aval, lors de précipitations conséquentes,
Point de vue:
- Le Pont de Russin-Dardagny
Le principal pont routier qui réunit les deux communes, est aussi un des meilleurs points de vue pour admirer la rivière. En amont, sur la rive gauche, on observe notamment l’embouchure des Eaux-Chaudes, un autre affluent important de l’Allondon, embouchure qui est muni de divers ouvrages techniques permettant de comptabiliser les truites qui remonte pour frayer et d’empêcher les écrevisses signal de remonter dans ce ruisseau.
Curiosité:
- Le vieil enrochement
Si l’Allondon est aujourd’hui un modèle de rivière sauvage, c’est grâce à des renaturations successives qui l’ont débarrassé du corset que les humains lui avaient infligé. Le chemin longe ici un long gabion de pierres, qui canalisait la rivière sur sa rive gauche. La rivière ayant depuis longtemps changé son lit vers le sud, les gestionnaires n’ont pas touché à cet ouvrage, devenu un biotope à son tour, colonisé par la végétation qui va le détruite progressivement et par différents reptiles, dont le lézard des murailles est le plus facile à observer.
Aménagement innovant :
- Les prairies reconquises
Encore une vision idyllique de la campagne d’antan ou s’entremêlent forêts, haies, pâturages, prairies et arbres isolés dans une mosaïque fine qui offre une multitude de micro-habitats à la flore et à la faune. Ce paysage patrimonial est le fruit d’une exploitation humaine qui s’oppose à l’avancée de la forêt et nécessite de réels efforts pour son maintien.
Point de vue:
- Le pont CFF
Le passage piéton sous le pont CFF de l’Allondon donne un point de vue exceptionnel sur l’Allondon renaturée, avec un paysage toujours changeant en fonction des crues qui déplace les bancs de graviers. Notez aussi les seuils qui fixent le pont et qui ont été soigneusement étudié pour laisser passer les truites et les ombres migrateurs.
Point de vue:
- L’embouchure
Les eaux claires de l’Allondon se jettent dans les eaux grises ou turquoise du Rhône au pied des falaises de Cartigny… Un paysage exceptionnel et emblématique du canton de Genève, même s’il n’est pas aussi connu que la Jet d’Eau dans la Rade ou la confluence du Rhône et de l’Arve à la Jonction. À voir et revoir!