Ce que vous pourrez vivre avec cette balade
- Marcher plusieurs heures le long d’un fleuve impressionnant sans (presque) jamais croiser de voitures, avec un chemin qui alterne les parcours en forêt et en campagne.
- Voire s’épanouir la flore et observer la faune du fleuve, avec notamment les milans, les hérons, les goélands et les cormorans.
- Découvrir les grandes infrastructures construites – barrages, pont, seuil, station d’épuration – mais aussi les différents biotopes recréés par des projets de renaturation.
Quelques points remarquables de la promenade (d’aval en amont)
- Le barrage de Chancy Pougny et sa gigantesque échelle à poisson.
- Le « limnimétre » qui mesures les débits du Rhône depuis plus d’un siècle.
- Le village de Chancy dans son écrin de verdure sous un angle méconnu.
- Les aménagements nature – étang temporaire, butte à hirondelles, nichoir à chauves-souris – de la réserve naturelle de l’embouchure de la Laire.
- Le seuil de Chancy, un ouvrage massif de près de 100 mètres de long qui stabilise le lit du fleuve.
- L’ile et la lone de Vers Vaux, un biotope fluvial unique sur le Rhône genevois.
- L’extrémité ouest de la Suisse!
Points remarquables (25) d’amont en aval
À découvrir
- Le Nant de Couchefatte
Cachée au fond du vallon forestier, une jolie rivière, le nant du Couchefatte, est issue des sources du plateau de la Champagne. Canalisé, voir enterré sur de nombreux secteurs tout au long du siècle passé, il mériterait aujourd’hui sa propre balade rivière car différents projets de renaturation ont permis de lui rendre progressivement un lit naturel sur une grande partie de son parcours.
Point de vue:
- Le plateau de Chancy
Le chemin agricole nous fait traverser ce grand plateau uniforme. Rien ne laisse deviner la proximité du Rhône qui, derrière le cordon boisé, a érodé ce plateau depuis 10’000 ans pour y creuser une profonde vallée. Rien à l’horizon, si ce n’est le défilé du Fort-L’Ecluse, où le Rhône a séparé le Vuache du Jura.
À découvrir:
- Le barrage de Chancy-Pougny
Achevé en 1925, le barrage de Chancy-Pougny est le plus ancien des barrages genevois encore en fonction. Exploitant une chute de 11 m (la différence entre le niveau du Rhône entre l’amont et l’aval du barrage), il produit 230 GWh par an, soit environ 8% de la consommation en électricité du canton de Genève. À noter que c’est un barrage international, avec la rive gauche en Suisse et la rive droite en France.
Aménagement innovant :
- La passe à poisson du barrage de Chancy-Pougny
Depuis 2013, le barrage a été équipé d’une passe qui permet aux poisons de passer de l’aval à l’amont en traversant successivement 60 petits bassins. L’entrée de la passe se trouve sur la rive française du fleuve, à 210 m du barrage, elle est marquée par le signe rouge interdisant la navigation. Les suivis ont permis de constater le passage de milliers de poissons de 19 espèces différentes!
Etape:
- Le Rhône canalisé
A l’aval du barrage, le Rhône s’écoule dans un véritable canal rectiligne aux bords abruptes. C’est idéal pour la production électrique, car cela permet de maintenir une chute maximum, mais c’est peu favorable à la vie du fleuve, notamment pour les poissons qui sont confrontés à un écoulement fort et uniforme.
Curiosité:
- Le limnimétre « Aux Rippes »
Un limnimétre est une installation qui mesure le débit d’une rivière. Celui-ci mesure le débit du Rhône depuis 1904 pour la Confédération. Une petite recherche sur internet vous permettra facilement de connaitre le débit du fleuve au moment même où vous l’admirez! Attention, les valeurs sont exprimées en m3/secondes, soit en milliers de litres par seconde… ça fait beaucoup d’eau…
Point de vue :
- Le bocage sous Chancy
En passant sous le village de Chancy, le chemin vous amène dans un des plus beaux paysages de la campagne genevoise, composé de pâturages et de vieux arbres, avec les vieilles maisons en arrière-fonds. Et avec un peu de chance, vous y croiserez des vaches exceptionnelles, aux couleurs acajous avec de longues cornes en lyre: ce sont des « Salers », une race rustique originaire du Massif Central.
Curiosité:
- L’aulne multi-troncs
L’aulne, aussi appelée verne, est un arbre caractéristique des cours d’eau, avec des racines adaptées à l’immersion. Cet exemplaire est remarquable par le nombre de troncs partant de la même souche: probablement le résultat de destruction répétée du tronc principal lors d’évènements de crue. S’il pouvait nous raconter son histoire…
Aménagement innovant :
- L’embouchure de la Laire
Après un long parcours frontalier au pied du Vuache, qui fait l’objet de deux belles balades rivière, la Laire vient se jeter dans le Rhône à l’aval du village de Chancy. Cette confluence renaturée est un passage très fréquenté par les poissons, qui peuvent venir se réfugier dans la Laire quand le Rhône coule trop fort, et il est un passage obligé pour les castors. Peut-être, dans quelques années, la loutre y fera sa réapparition… En tous les cas, le pont a été aménagé pour favoriser le passage de la faune afin d’éviter des collisions mortelles sur la route.
Aménagement innovant :
- L’étang temporaire
Certains seront surpris d’apprendre que pour beaucoup de batraciens, les meilleurs étangs sont ceux qui s’assèchent chaque année! En effet, les grenouilles, crapaud et tritons n’ont besoin d’eau que quelques mois, voire semaines, pour que leurs jeunes se développent. Ensuite, en s’asséchant, l’étang est débarrassé des prédateurs – larve de libellules, poissons – ce qui prépare au mieux la saison prochaine. Ce petit étang fait partie d’une série de plusieurs dizaines d’étangs conçus pour s’assécher annuellement et accueillir ainsi les espèces les plus menacées.
Aménagement innovant :
- La butte à hirondelles
Les hirondelles de rivage construisent leurs nids dans les falaises sablonneuses érodées par les fleuves depuis des milliers d’année. Mais la canalisation et les barrages ont raréfiés ces milieux, et maintenant ces oiseaux dépendent pour leur survie de falaises artificielles, qu’elles trouvent dans les gravières ou, comme ici, dans des buttes spécialement aménagées pour elles.
Aménagement innovant :
- Le biotope de l’ancienne STEP
Ici, l’ancienne STEP de Chancy, qui n’était plus aux normes, a été désaffectée, démontée et intégrée dans la réserve naturelle. Seules ses fondations ont été conservées pour y aménager des plans d’eau pour les batraciens.
À découvrir:
- Le pont de Chancy-Pougny
Le pont de Chancy est le dernier pont sur le Rhône genevois. C’est un trait d’union essentiel entre le pays de Gex et le sud du canton, mais c’est aussi un pont équipé de divers nichoirs pour les oiseaux et les chauves-souris. Il vous permettra d’admirer le fleuve bien à l’ombre. Enfin, si vous avez toujours voulu apprendre à estimer les distances, sachez que depuis la plage genevoise, la rive française est situé à exactement 100 mètres!
Aménagement innovant :
- Le nichoir à chauve-souris
Directement à l’aplomb du chemin pédestre, ce nichoir est régulièrement fréquenté par une colonie de chauve-souris pipistrelles. Arrêtez-vous dessous, écoutez leurs piaillements, inspectez les fentes et vous les verrez peut-être serrées les unes contre les autres…. Mais gare à la chute des crottes!
Aménagement innovant :
- Le seuil de Chancy
La construction du barrage a déstabilisé le fleuve, accélérant l’érosion à l’aval et menaçant la stabilité du village et des piliers du pont. Pour contrecarrer cet impact et fixer le lit, un énorme seuil, en forme de rampe d’enrochement a été construit à travers le Rhône, environ 100 m à l’aval du pont, il y a une trentaine d’années. Bien que le plus souvent complétement inondé, on le perçoit facilement à son impact sur l’écoulement du fleuve.
Aménagement innovant :
- La nouvelle STEP de Chancy
Le grand bâtiment industriel caché dans la verdure est une station d’épuration des eaux de construction récente, qui épure les eaux des communes genevoises (5) et savoyarde (1) du secteur. Elle illustre la volonté des autorités cantonales de remplacer les petites STEP communales obsolètes par quelques grandes STEP modernes et efficaces… et nous rappelle que la bonne qualité de nos eaux est un défi de tous les jours.
À découvrir :
- Le Rhône libre
Entre la sortie du barrage de Chancy-Pougny en amont et la retenue de Génissiat, se trouve le dernier secteur du Haut-Rhône où le fleuve s’écoule librement comme jadis, sur près de 15 kilomètres, ce qui donne une saveur particulière au paysage.
Point de vue :
- L’embouchure de l’Annaz
Une observation attentive de la rive française vous fera découvrir l’embouchure d’une rivière magnifique mais peu connue du Pays de Gex, l’Annaz, qui bénéficie d’un bassin versant très forestier ce qui est toujours un atout pour la qualité d’un cours d’eau.
Etape:
- Le projet de barrage de Conflan
Véritable serpent de mer genevois, le barrage hydro-électrique de Conflan est un projet visant à capter les derniers Kilowatts non exploités du fleuve. Il a été mainte fois étudié, puis abandonné pour des raisons de faisabilité et de rentabilité économique. Il tirerait parti d’une chute comparable à celle du barrage de Chancy-Pougny, mais sa construction bouleverserait les écosystèmes présents.
Point de vue :
- Le Nant du Longet
Un nant typique de la rive gauche du Rhône, avec un petit bassin versant, ce qui explique que la rivière a le plus souvent un débit très faible, peu favorable aux poissons mais parfaitement adapté à d’autres animaux, notamment aux salamandres tachetées, qui y pondent leurs larves. Ces magnifiques amphibiens jaunes et noirs sont communs dans les bois de Chancy, mais rarement observés. Tentez votre chance en fin de journée, après l’orage…
Point de vue :
- La grande plage
Calme mais puissant, le Rhône invite à la contemplation. Cette plage est un endroit idéal pour méditer les fameux vers de Lamartine: » L’homme n’a pas de port, le temps n’a pas de rive, il coule et nous passons. »
Curiosité:
- L’Ile de Vers Vaux
Née d’une accumulation de graviers du Rhône, l’ile s’est progressivement boisée. Jadis à cheval sur les deux pays, elle est aujourd’hui complètement genevoise. En effet, l’incision du bras droit du fleuve a déplacé la frontière, qui suit toujours la ligne la plus profonde du lit (le « Thalweg »).
Curiosité:
- Le passage à gué
Les gestionnaires des cours d’eau ont soigneusement modelé le niveau du bras droit de l’ile afin qu’il soit inondé lors des grandes crues du Rhône, mais qu’il reste hors de l’eau lors des fluctuations journalières de débits liées à l’exploitation hydro-électrique. Cette approche évite de piéger les poissons lors de l’abaissement des eaux.
À découvrir :
- La lone de Vers Vaux
Les lones sont des zones humides liées aux fleuve, issues d’anciens méandres et de bras morts. La lone de Vers Vaux, qui s’est formée à l’aval de l’ile, a été recreusée et réaménagée afin de former un refuge d’eau calme optimal pour la faune, offrant un complément au cours rapide du fleuve. Elle est particulièrement appréciée par le castor dont vous verrez peut-être les traces.
Curiosité:
- La borne frontière
Notre promenade se termine à la frontière française, avec cette borne qui marque l’extrémité ouest du canton et de la Suisse. Nous sommes arrivés dans un coin plutôt isolé, et pour retrouver les transports publics, il faudra rebrousser chemin jusqu’au Pont de Chancy (environ 20 minutes de marche).