Fille du Salève, la Drize est issue de la réunion des trois ruisseaux savoyards – les Tates, les Clefs et les Moulins – et prend son nom à la frontière genevoise. En amont de Troinex, elle serpente dans un étroit cordon boisé à travers une campagne encore riche en alignement d’arbres et en haies, parsemée de vieux domaines ayant miraculeusement échappé à l’urbanisation. Pour celui qui sait concentrer son regard sur les belles choses, c’est un véritable petit voyage dans le temps qu’offre cette ballade au charme particulier.
Ce que vous pourrez vivre avec cette balade
- Parcourir une belle promenade sur un chemin pédestre, alternant la marche en lisière et la découverte de la rivière dans son vallon boisé, au pied du Salève, la « montagne des Genevois ».
- Découvrir une facette bucolique de la campagne genevoise avec ses changements saisonniers.
- En saison, entendre chanter les oiseaux de la campagne, merle, pinson, ramier, rouge-gorge et différentes mésanges.
Quelques points remarquables de la promenade (d’aval en amont)
- La renaturation de la Drize à Grand-Cour, qui rend de l’espace à la rivière pour laisser passer les crues.
- L’incontournable « Pierre-aux-Dames », témoin des croyances des premiers habitants de la région, à l’époque néolithique.
- Différents seuils et pont naturels animant l’écoulement tranquille de la rivière.
- Le parc de la Drize avec ses exemples de biotopes à mettre en place dans une jardin nature.
- Le point choisi pour alimenter la Drize avec de l’eau de réseau, pour minimiser les impacts des étés trop secs.
Points remarquables (10) d’aval en amont
Aménagement innovant
- Le pont de Grand-Cour
La meilleure manière de se préserver contre les dégâts des crues est de rendre de l’espace aux rivières et c’est ce qui a été réalisé ici dans le cadre de la renaturation de 2012. Regardez vers l’amont et vous verrez clairement la rivière principale, dans son lit mineur, et la nouvelle large berge abaissée en rive gauche, qui se poursuit jusqu’au pont, lui aussi agrandi pour laisser passer les eaux lors de conditions exceptionnelles.
Curiosité
- La « Pierre-aux-dames »
C’est à proximité de la rivière qu’a été découverte un des plus intriguant témoignage des premières activités humaines dans la région, la fameuse « Pierre-aux-dames », un menhir de granit de trois tonnes, vieux de près de 5’000 ans, avec ses 4 intrigantes silhouettes féminines sculptées dans la roche. Si l’original a été placé à l’abri dans la cour du Muséum d’Art et d’Histoire en 1942, un fac-similé en fibre de verre, très fidèle, est exposé devant la Mairie depuis 1998.
À découvrir
- L’entrée de la forêt
Après un long cheminement sur le chemin pédestre en lisière, une petite ouverture va nous permettre de rentrer dans le cordon boisé pour aller observer la rivière au plus près.
Curiosité
- Le seuil naturel
Un arbre s’est effondré et a bloqué la rivière créant un barrage, avec sa cascade. Ces processus naturels sont capitaux pour la diversité des micro-habitats de la rivière et la biodiversité spécifique qui s’y trouve. Ainsi, la zone profonde créée à l’aval de chaque cascade est souvent le dernier refuge pour la faune aquatique (truite, gammares, etc) lors des étiages sévères.
Curiosité
- Le grand seuil naturel
Les seuils naturels enrichissent la rivière, même s’ils peuvent représenter un vrai obstacle à la migration des poissons. Ici, les truites ne passeront plus pendant quelques années, jusqu’à ce que le bois pourrisse et que le barrage s’effondre.
Curiosité
- Le pont naturel
Ici, l’arbre qui est tombé fait un magnifique pont naturel, qu’emprunte les animaux sauvages, écureuils, renards, martre et même blaireau pour traverser la rivière. Mais ne vous y risquez-pas!
À découvrir
- Le parc de la Drize
Ce joli petit parc communal ombragé donne toute un série d’exemples de micro-habitats naturels à reproduire dans votre jardin: tas de branches, tas de feuilles, surfaces non-fauchées, etc., autant d’actions favorables aux hérissons, lézards, escargots et autres petits animaux. Laissez-vous inspirer et regardez comment la nature colonise les espaces qu’on lui offre.
Curiosité
- Le grand méandre
La rivière fraye son chemin dans les terrains les plus meubles et les moins protégés par les racines des arbres, ce qui l’amène ici à faire un spectaculaire virage. En amont, sur la rive opposée, notez les laîches, ces grandes « herbes » vertes, qui ont réussi à s’installer en bord de rivière en bénéficiant de la lumière infiltrant une trouée dans la canopée.
À découvrir
- Les sinuosités
Quoi de plus ennuyant qu’une rivière qui coule tout droit, surtout si ce sont les humains qui l’ont canalisée! Ici, au contraire, les arbres obligent la rivière à se contorsionner en une succession de petits virages, pour notre plus grand plaisir visuel et auditif, multipliant les micro-habitats intéressants pour la petite faune.
Curiosité
- Le vieux pont de Pierre-Grand
Un petit détour par le vieux pont permet de regarder la Drize à vol d’oiseau (disons à vol de martin-pêcheur!) et d’admirer la diversité des écoulements et des substrats. Tant qu’elle aura assez d’eau, la Drize sera un paradis pour la faune aquatique.
Aménagement innovant
- Le pont des Bornands
Le bel hameau historique des Bornands marque l’extrémité amont de notre promenade et nous transporte dans une autre époque. Et c’est sur ce pont que durant certains étés récents, les autorités ont alimenté avec de l’eau du réseau la rivière pour éviter un assèchement total et une mortalité massive des poissons de la Drize. Un rappel du défi que pose aux rivières genevoises le changement climatique!